Artaxerxès
12/01/2003, 15h22
i parait que ca fait un tabac là bas
attention en anglais mais pas dur qd meme
http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/home.html
voici un article sur cette bd
Octobre 2001. Un mois après les attentats, les Américains accrochent avec ferveur le drapeau étoilé à leur antenne de voiture. Le soir, ils regardent sur CNN les progrès de l'opération "Liberté immuable" en Afghanistan. C'est en ces instants d'intense communion nationale que David Rees, un New-Yorkais de 29 ans, met en ligne quelques bulles d'une bande dessinée pleine de morgue, d'ironie et de grossièretés, intitulée Get your War on ("Lance ta guerre"). On y voit, dans un décor de bureaux digne de Play Time, des employés s'exciter pendant des heures au téléphone. "Putain, dit l'un, cette guerre contre le terrorisme, ça va donner !" "C'est sûr, répond son collègue. Tu te souviens, quand les Etats-Unis avaient un problème avec la drogue, ils ont déclaré la guerre à la drogue et voilà, on en est débarrassé !" Il ajoute : "D'ailleurs c'est dommage que ça ait si bien marché... là j'aurais vraiment besoin d'un joint."
Les moyens de David Rees, qui dessine des BD et joue de la musique dans un groupe de rock entre deux contrats d'intérim, sont modestes : il n'utilise qu'une seule couleur – le rouge –, et les dessins, qu'il a récupérés dans une banque de données, sont toujours les mêmes. Mais le succès est fulgurant. En deux semaines, grâce au bouche-à–oreille, son site (http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/home.html) reçoit cinq millions de visites de gens qui déposent au passage bordées d'insultes patriotiques ou félicitations. Les rebondissements de l'actualité inspirent à David Rees de nouveaux épisodes où il traite, avec la même verve insolente, du scandale Enron, des attentats en Israël ou de la base de Guantanamo.
Sa cible favorite reste cependant la rhétorique simpliste de l'administration Bush sur la guerre : "On ne pourrait pas fabriquer une bombe de la taille de la planète et découper un trou dedans de la forme des Etats-Unis ? Comme ça on n'aurait plus qu'à la balancer autour de nous et putain tout serait réglé une fois pour toutes !" Il pointe aussi l'hypocrisie d'un pays qui largue des bombes tout en encourageant les ventes de charité au profit des Afghans. "Mamaaan ! s'étonne un enfant en regardant la télévision. Pourquoi le petit garçon afghan il est tout mutilé et il n'a plus de bras ? Il n'a pas reçu le dollar que je lui ai envoyé ?"
Au-delà de l'humour noir, la BD de David Rees a également réussi à exprimer le mal-être de certains Américains après les attentats : un mélange de peur, de colère et de scepticisme. Ses employés de bureau, déprimés, passent leur temps à boire, à jurer et, sur les conseils de leur psy, à écrire des poèmes exprimant leurs sentiments : "Dis donc, qu'est-ce qui rime avec "mort de trouille et imbibé d'alcool" ?"
Après 17 épisodes et 25 millions de visites sur le site, Get your War on a été publié en octobre par une petite maison d'édition indépendante de Brooklyn, Softskull, qui en a déjà vendu 40 000 exemplaires. L'auteur a versé ses bénéfices à l'association Adopt a landmine, qui finance une équipe de démineurs afghans, et a décliné toutes les offres de collaboration des médias. Il n'envisage pas forcément de suite à l'aventure : "J'ai écrit parce que j'en avais envie, pas pour faire carrière. Pour l'instant, ma priorité, en janvier, c'est de trouver du boulot. Parce que tout ça c'est bien joli, mais ça ne paie pas le loyer."
attention en anglais mais pas dur qd meme
http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/home.html
voici un article sur cette bd
Octobre 2001. Un mois après les attentats, les Américains accrochent avec ferveur le drapeau étoilé à leur antenne de voiture. Le soir, ils regardent sur CNN les progrès de l'opération "Liberté immuable" en Afghanistan. C'est en ces instants d'intense communion nationale que David Rees, un New-Yorkais de 29 ans, met en ligne quelques bulles d'une bande dessinée pleine de morgue, d'ironie et de grossièretés, intitulée Get your War on ("Lance ta guerre"). On y voit, dans un décor de bureaux digne de Play Time, des employés s'exciter pendant des heures au téléphone. "Putain, dit l'un, cette guerre contre le terrorisme, ça va donner !" "C'est sûr, répond son collègue. Tu te souviens, quand les Etats-Unis avaient un problème avec la drogue, ils ont déclaré la guerre à la drogue et voilà, on en est débarrassé !" Il ajoute : "D'ailleurs c'est dommage que ça ait si bien marché... là j'aurais vraiment besoin d'un joint."
Les moyens de David Rees, qui dessine des BD et joue de la musique dans un groupe de rock entre deux contrats d'intérim, sont modestes : il n'utilise qu'une seule couleur – le rouge –, et les dessins, qu'il a récupérés dans une banque de données, sont toujours les mêmes. Mais le succès est fulgurant. En deux semaines, grâce au bouche-à–oreille, son site (http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/home.html) reçoit cinq millions de visites de gens qui déposent au passage bordées d'insultes patriotiques ou félicitations. Les rebondissements de l'actualité inspirent à David Rees de nouveaux épisodes où il traite, avec la même verve insolente, du scandale Enron, des attentats en Israël ou de la base de Guantanamo.
Sa cible favorite reste cependant la rhétorique simpliste de l'administration Bush sur la guerre : "On ne pourrait pas fabriquer une bombe de la taille de la planète et découper un trou dedans de la forme des Etats-Unis ? Comme ça on n'aurait plus qu'à la balancer autour de nous et putain tout serait réglé une fois pour toutes !" Il pointe aussi l'hypocrisie d'un pays qui largue des bombes tout en encourageant les ventes de charité au profit des Afghans. "Mamaaan ! s'étonne un enfant en regardant la télévision. Pourquoi le petit garçon afghan il est tout mutilé et il n'a plus de bras ? Il n'a pas reçu le dollar que je lui ai envoyé ?"
Au-delà de l'humour noir, la BD de David Rees a également réussi à exprimer le mal-être de certains Américains après les attentats : un mélange de peur, de colère et de scepticisme. Ses employés de bureau, déprimés, passent leur temps à boire, à jurer et, sur les conseils de leur psy, à écrire des poèmes exprimant leurs sentiments : "Dis donc, qu'est-ce qui rime avec "mort de trouille et imbibé d'alcool" ?"
Après 17 épisodes et 25 millions de visites sur le site, Get your War on a été publié en octobre par une petite maison d'édition indépendante de Brooklyn, Softskull, qui en a déjà vendu 40 000 exemplaires. L'auteur a versé ses bénéfices à l'association Adopt a landmine, qui finance une équipe de démineurs afghans, et a décliné toutes les offres de collaboration des médias. Il n'envisage pas forcément de suite à l'aventure : "J'ai écrit parce que j'en avais envie, pas pour faire carrière. Pour l'instant, ma priorité, en janvier, c'est de trouver du boulot. Parce que tout ça c'est bien joli, mais ça ne paie pas le loyer."