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Voir la version complète : Livre XXIII - Saison Rousse


Erilorn
09/05/2008, 12h58
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Déjà en partie posté sur le forum officiel depuis quelques temps, je viens de me rendre compte que je ne l'avais pas fait ici.

Les textes qui suivent sont écrits à plusieurs mains, donc les styles différent. Le but étant d'être percutant et court.

Si vous souhaitez situer la période de la Saison Rousse, allez faire un tour sur notre site web et jetez un oeil à notre chronologie.

http://aoc.onarius.net (http://aoc.onarius.net/)

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http://www.onarius.net/forum/imagehosting/14752a5dd8f116.jpg

Livre XXIII
Une saison rousse
(Rulf)




Vous n'avez pas remarqué ?
Le sang séché sur la pierre vire au carmin, puis se pare de reflets roux aux pourtours.

Je suis Rulf, du clan Onarius et j'ai survécu à cette saison de violence et de morts. Une saison comme jamais nous n'en avons connu depuis le début de notre exode. Une saison rousse.

Une escarmouche.

Deux.

Un viol.

Des bêtes empoisonnées.

Et nous n'avions toujours pas vu nos agresseurs. Jouant dans les taillis bas comme du petit gibier, ils apparaissaient et filaient dans le néant avant que nous n'ayons pu les forcer à combattre. Même nos pisteurs ont eu du mal à réléver leurs traces, à ces primitifs, et à deviner sur les hauteurs des multitudes de collines leurs feux de camp.

Nous avons dû entrer dans leurs terres depuis deux lunes. Et hier, ils ont tué notre premier guerrier.

Il savent. Nous savons. Comme l'humus le sait. Comme les vautours le savent. Comme toutes les créatures vivantes de cette région de froid bleuté et de vents tranchants. Jusqu'au printemps, il n'y aura pas assez de ressources pour tous.

Le temps des bouchers est revenu.

Erilorn
09/05/2008, 12h58
Livre XXIII
Une saison rousse
(Caldrain)



Je les attends.



J'ai posé ma hache sur le côté du parapet.

L'air pique ce matin. Tout est calme.

Je suis Caldrain. Oeil de Boeuf.

Derrière moi, dans un recoin éboulé de ce pont de pierre, j'ai disposé mes deux sacs de vivres. Plus près, à deux coudes de moi, les flèches sont plantées dans un monticule de glace que j'ai confectionné hâtivement avant-hier. Prêtes à être saisies, encochées à la chaîne, et déchirer visages, gorges et abdomens. J'ai deux haches de secours, un glaive, six couteaux, et un brasero allumé. Trois boucliers de siège sont fichés dans le sol, et seront l'un de mes abris. De toute façon, ils n'ont pas l'angle qu'il faut pour me tirer depuis le sentier.

Je ferai ébouler les premières pierres en amont une fois qu'ils seront engagés.

Ils vont les savourer, mes flèches. Torsadées, barbelées, un jour j'ai blessé un grizzli avec, il a mis deux jours à mourir, et jamais plaintes animales ne m'eont parues plus humaines.

J'aime mon clan.

J'aime cette terre froide du nord.

Je suis elle.

Elle est en moi.

Tout alentours m'est familier, tout brisse de sons, de murmures des dieux insolents. Tout est enchanté.

Je n'aime pas les aquiloniens. Encore moins les déserteurs. Vjord a dit qu'ils remontaient du sud et allaient proposer une alliance aux primitifs, pour se mettre à l'abri de l'hiver proche. Des bras contre un asile. Fumiers de crève-la-faim. Pleutres. Demi-hommes. Dix d'entre-vous ne sont pas dignes de lécher les bottes d'un cimmérien de race pure. Et trente d'entre-vous ne me feront pas reculer. Je crache sur vos muscles malingres, je vomis vos craintes de petites filles, je ris de vos armures assemblées de bric et de broc.

Ce pont sera ma tombe. Une tombe de pierre. Une tombe de cimmérien.

Je suis joyeux.

Mon nom sera dans les peaux de cuir huilées de mon clan, à tout jamais. Enfin, tant que le dernier des Onarius aura encore un coeur palpitant.

Un aigle passe comme un ange, un augure, un messager.

La brume rouge qui glisse dans mes nerfs et mon esprit quand le combat fait rage, celle qui me meut, celle qui me fera terrasser tout ce qui rampe, vit et crie sur cette terre... cette brume rouge qui sommeille au fond des cimmériens... je la sens... je l'accueille. Vie, organes, corps, terre, dieux !

Elle ronronne à présent. Elle deviendra torrent, emplira mon univers extatique quand voleront membres et têtes. Sonnez cornes. Chantez femmes. Préparer des lits de douleur. Leur chair rougira mon pont.

Malheur aux faibles.

Erilorn
09/05/2008, 12h59
Livre XXIII
Une saison rousse
(Histrion)



Oh! Asura! Aide moi a percer ce voile de sang, et permet que ces quelques mots puissent enseigner mes vie futur.

Je suis Histrion, l'historien.

Et ce que j'ai à écrire sur nous autres survivant de la grande catastrophe n'est en rien glorieux.

Depuis notre périple à partir des décombres de ce qui fut notre cité, tout n'a fait qu'empirer. Les Hommes bruteaux sont devenus des bêtes sauvages assoifé de pouvoir. Les savants sont ramené au rang de mendiant et les croyant n'ont que le ciel à qui adresser leur prières.

Et aujourd'hui encore la barbarie a atteint un nouveau sommet.
Il est de coutume depuis quelques mois maintenant de régler les différents et d'attribuer les places importantes par la force.
Les duels, avec ces gorilles de cimmériens, tiennent plus lieux de boucherie que de combats, pour sur. Mais c'est pourtant à un Aquilonien que l'on doit l'horeur d'aujourd'hui.

Le vainqueur n'a pas seulement pris la vie du perdant, mais à aussi pris soin de découper chaque moreceau de la victime en petit morceaux avant des les donner à manger aux charognes.

Je crois que le pire est que personne ne s'est offusqué, aucun enfant n'a blémit, aucune femme n'a détourner le regard. Pas de protestations, pas de pleurs. La chose est devenu courante. Nous devenons pire que des bêtes.

Oh Asura! Qu'ai je donc commis comme faute dans mes vies passé pour voir un tel spectacle.

Erilorn
10/05/2008, 11h05
Livre XXIII
Une saison rousse
(Podrik)


Papa est mort.

Je suis Podrik, j'étais le fils d'un des plus grand marchand que la terre ait connu.

Je suis triste car papa est mort, c'était il y a trois jours.

Tout en astiquant sa belle armure, papa m'expliquait encore une fois pourquoi il vallait mieux suivre un peu en retrait le gros de la troupe des réfugiés, plus tôt que d'en faire partie.
Il disait : " Fils, notre position est la meilleur possible. La troupe devant nous, par son importance, fait fuir tous les dangers de moindre envergure, bandits comme bête. Et si un danger plus important, comme une armée de bandits, devait survenir on aurait tout le temps de fuir pendant le massacre de nos camarades."

Mais papa s'était trompé. Ce fut sa dernière erreur. Quelques heures après, des pillards qui n'avaient pas compris la logique de mon père, nous encerclèrent. Papa sortit de la roulote vêtu de sa plus resplendissante armure et de sa plus magnifique épée.
Il sauta à terre et fit fuir la roulotte dans la quelle j'étais caché avec maman.

Nous fumes secourus par des chasseurs du clan. La dernière image que j'eu de papa était celle d'une armure rougit par le sang d'où ne sortait aucun membres, les bandits rigolant de leur farce macabre.

Erilorn
10/05/2008, 11h06
Livre XXIII
Une saison rousse
(Cisaille)
Le sang a coulé. Je viens de perdre un homme.

C'est le troisimème depuis hier mais celui là.

Moi, c'est Cisaille, le medecin de ce foutu camp, c'est entre mes mains que passent les blessés ou ceux qui n'ont plus aucune chance, comme le dernier là.

La vue du sang en fait palir plus d'un, moi je me nourris de cela, c'est mon rayon.

Les membres arrachés, les faces déchiquetées, les boyaux aérés, les hémorragies, tout ça, c'est moi qui m'en charge. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Tout ceux qui sont bons à combattre, je les remets sur pied, je suis la tueuse de mort, pas question de lacher un homme alors qu'il est capable de combattre.

On a ce qu'il faut pour les faire plier à genoux.

Le clan Onarius, j'y appartiens.

J'en suis fière.

La dernière bataille a été rude. Ils étaient bien préparés, on l'était mieux. La terre a été gorgée de sang, jusqu'à plus soif. Ce qu'il reste de l'affrontement n'est pas beau à voir mais on est sorti vainqueur. Ce pont en a été témoin.

Les derniers ont supplié qu'on leur laisse la vie sauve, leurs plaintes ont été entendues. La hache s'est abattue. Le sang a coulé.