Syléane
07/09/2007, 10h52
La nuit était encore jeune et comme à son habitude Syléane allait conter une histoire à tous ceux qui voulaient bien l'écouter.
"N'ayez pas peur car les mots aussi durs soient-ils, ne seront jamais que des mots, écoutez l'histoire d'un ancien temps, d'un ancien lieu"
Le crépuscule venait juste de tomber. Une femme avançait la démarche sûre, connaissant parfaitement son territoire.
Ses longs cheveux noirs recouvraient une partie de son corps nu, ses yeux semblaient percés la nuit, et elle avait un éternel petit sourire sur les lèvres.
Elle était Tari, la reine des loups, la dévoreuse.
C’était le soir de la première lune de la troisième saison, le nuit des sacrifices.
Au loin, on entendait des tambours et les pleurs des femmes.
Tari aimait par-dessus tout entendre ces pleurs, elle s’en nourrissait, c’était l’annonce du festin de ses enfants.
Elle éclata de rire et son rire transperça la nuit jetant un manteau de terreur sur la forêt.
Les tambours et les pleurs se turent.
Bientôt elle arriva à l’orée des bois, le village n’était pas bien grand, il n’y aurait pas plus de trois enfants pour le rituel.
Elle avança au milieu des habitations, jusqu’au bord d’une grande fosse.
Ils avaient tout préparé.
-« Bien, pensa-t-elle »
Elle se retourna vers le chef du village et lui jeta un regard froid, l’homme ne tarda pas à baisser les yeux et lui indiqua une hutte.
Tari s’y dirigea puis y pénétra.
Au fond, se tenaient debout deux enfants, une fille et un garçon âgés de tout juste huit années.
Si le garçon tremblait de tous ses membres, la petite fille semblait sereine, elle fixait, d’un air amusé, le corps nu de la reine des loups.
Celle-ci agacée s’avança quand elle poussa un petit cri de douleur, l’enfant venait de la mordre au sang.
Elle s’apprêtait à gifler l’insolente quand elle poussa cette fois-ci un cri de surprise.
Une chose, que jamais elle ne crut possible, se déroulait sous ses yeux, un jeune loup venait de s’interposer entre elle et la petite fille.
Cette dernière lui tendit un sourire carnassier maculé de sang tout en caressant la fourrure du loup, l’animal se retourna et lui lécha la figure.
Tari était pétrifiée, comment se pouvait-il que ce loup soit avec cette fille ?
Elle poussa un cri de commandement et trois grands loups gris pénétrèrent dans la hutte.
La petite fille regarda les canidés et se mit à pousser de petits gémissements, le jeune loup l’imita aussitôt.
Puis elle se retourna vers le garçon et lui ordonna de sortir, rassemblant tout son courage, il prit la fuite.
Soudain des grognements retentirent, un abominable vacarme suivi d’un immense cri de douleur et enfin le silence le plus pesant qu’on puisse connaître.
Les habitants du village restèrent tous pétrifiés quant ils virent sortir de la hutte la petite fille accompagnée des quatre loups, tous étaient recouverts de sang.
Elle avança jusqu’au bord de la fosse, y jeta un coup d’œil puis s’adressant à ses pères, elle dit :
-« Je viens à vous sous le nom Alcantra, fille de Mélaine et de Fea, l’esprit du loup. Voyez ce jour comme celui qui mit fin au règne de Tari la dévoreuse. »
On entendit dans la foule les pleurs d’une femme qui s’avançait, c’était Mina, la grand-mère d’Alcantra, mère de Mélaine.
Elle s’approcha de sa petite fille, la prit tendrement dans ses bras, puis sortit de ses poches un collier d’argent qu’elle lui passa autour du cou.
-« Je connais ta destinée, mon enfant, va et prospère. »
Les yeux larmoyants, la jeune enfant regarda sa grand-mère puis poussant un long hurlement pour appeler ses loups, elle s’enfonça au cœur de la forêt.
Bien des années passèrent quand revient du village une jeune guerrière, personne ne semblait la connaître personne sauf une très vieille femme qui se mit à pleurer en la voyant.
-« Alcantra... bafouilla t elle »
Alcantra avait bien grandit, elle était devenue une belle jeune femme, elle portait une armure de cuir et dans un fourreau une dague au manche de nacre.
Elle sourit en regardant sa grand-mère et lui dit :
-« Je suis venue te présenter quelqu’un. »
Elle se retourna en direction de la forêt et fit un signe. Aussitôt surgit, accompagné d’un loup, une petite fille âgée d’à peine cinq années. Les cheveux bruns coupés aux épaules, les yeux noisette qui pétillaient
-« Je te présente Ninia, la première de la lignée des «Draughini », je sais que ton heure est proche, et je voudrais que tu la bénisses avant ton grand voyage. »
La vieille femme se leva péniblement et fit signe à Ninia de s’approcher, elle posa ses mains tremblantes sur sa tête et prononça, à voix basse, une bénédiction.
La petite Ninia lui sauta au cou, manquant de la renverser et lui embrassa la joue.
Alcantra pris sa grand-mère dans ses bras et resta un moment ainsi sans bouger.
Ninia revînt voir souvent son arrière-grand-mère jusqu’au jour de son départ vers de meilleurs cieux.
Elle eut bien plus tard une fille à son tour, et ainsi grandit une lignée de guerrières, sans pitié, vivant parmi les loups.
Mais les temps changent, et les guerrières durent s’y adapter.
Bientôt plusieurs d’entre elles s’installèrent dans de petits villages aux abords des forêts, où elles s’unirent aux hommes et donnèrent naissance aux générations futures.
Mais leur racines les ramenaient toujours au cœur des bois, où elles finissaient leur jour avec les loups.
Pourtant, il se distingue toujours un être parmi les autres, elle naquit dans un monde où les hommes dominaient, où sa lignée s’était épuisée à survivre sans ou si peu de dignité.
C ‘est dans le sang qu’elle fit renaître l’honneur des « Draughini », et s’en fut vers d’autre terre, bien loin de la forêt natale de Ninia la première.
" Peut-être qu'un jour je vous raconterais l'histoire de cette jeune fille mais pour l'heure, le temps est venu de rejoindre Morphée et dans ses bras se laissait aller"
"N'ayez pas peur car les mots aussi durs soient-ils, ne seront jamais que des mots, écoutez l'histoire d'un ancien temps, d'un ancien lieu"
Le crépuscule venait juste de tomber. Une femme avançait la démarche sûre, connaissant parfaitement son territoire.
Ses longs cheveux noirs recouvraient une partie de son corps nu, ses yeux semblaient percés la nuit, et elle avait un éternel petit sourire sur les lèvres.
Elle était Tari, la reine des loups, la dévoreuse.
C’était le soir de la première lune de la troisième saison, le nuit des sacrifices.
Au loin, on entendait des tambours et les pleurs des femmes.
Tari aimait par-dessus tout entendre ces pleurs, elle s’en nourrissait, c’était l’annonce du festin de ses enfants.
Elle éclata de rire et son rire transperça la nuit jetant un manteau de terreur sur la forêt.
Les tambours et les pleurs se turent.
Bientôt elle arriva à l’orée des bois, le village n’était pas bien grand, il n’y aurait pas plus de trois enfants pour le rituel.
Elle avança au milieu des habitations, jusqu’au bord d’une grande fosse.
Ils avaient tout préparé.
-« Bien, pensa-t-elle »
Elle se retourna vers le chef du village et lui jeta un regard froid, l’homme ne tarda pas à baisser les yeux et lui indiqua une hutte.
Tari s’y dirigea puis y pénétra.
Au fond, se tenaient debout deux enfants, une fille et un garçon âgés de tout juste huit années.
Si le garçon tremblait de tous ses membres, la petite fille semblait sereine, elle fixait, d’un air amusé, le corps nu de la reine des loups.
Celle-ci agacée s’avança quand elle poussa un petit cri de douleur, l’enfant venait de la mordre au sang.
Elle s’apprêtait à gifler l’insolente quand elle poussa cette fois-ci un cri de surprise.
Une chose, que jamais elle ne crut possible, se déroulait sous ses yeux, un jeune loup venait de s’interposer entre elle et la petite fille.
Cette dernière lui tendit un sourire carnassier maculé de sang tout en caressant la fourrure du loup, l’animal se retourna et lui lécha la figure.
Tari était pétrifiée, comment se pouvait-il que ce loup soit avec cette fille ?
Elle poussa un cri de commandement et trois grands loups gris pénétrèrent dans la hutte.
La petite fille regarda les canidés et se mit à pousser de petits gémissements, le jeune loup l’imita aussitôt.
Puis elle se retourna vers le garçon et lui ordonna de sortir, rassemblant tout son courage, il prit la fuite.
Soudain des grognements retentirent, un abominable vacarme suivi d’un immense cri de douleur et enfin le silence le plus pesant qu’on puisse connaître.
Les habitants du village restèrent tous pétrifiés quant ils virent sortir de la hutte la petite fille accompagnée des quatre loups, tous étaient recouverts de sang.
Elle avança jusqu’au bord de la fosse, y jeta un coup d’œil puis s’adressant à ses pères, elle dit :
-« Je viens à vous sous le nom Alcantra, fille de Mélaine et de Fea, l’esprit du loup. Voyez ce jour comme celui qui mit fin au règne de Tari la dévoreuse. »
On entendit dans la foule les pleurs d’une femme qui s’avançait, c’était Mina, la grand-mère d’Alcantra, mère de Mélaine.
Elle s’approcha de sa petite fille, la prit tendrement dans ses bras, puis sortit de ses poches un collier d’argent qu’elle lui passa autour du cou.
-« Je connais ta destinée, mon enfant, va et prospère. »
Les yeux larmoyants, la jeune enfant regarda sa grand-mère puis poussant un long hurlement pour appeler ses loups, elle s’enfonça au cœur de la forêt.
Bien des années passèrent quand revient du village une jeune guerrière, personne ne semblait la connaître personne sauf une très vieille femme qui se mit à pleurer en la voyant.
-« Alcantra... bafouilla t elle »
Alcantra avait bien grandit, elle était devenue une belle jeune femme, elle portait une armure de cuir et dans un fourreau une dague au manche de nacre.
Elle sourit en regardant sa grand-mère et lui dit :
-« Je suis venue te présenter quelqu’un. »
Elle se retourna en direction de la forêt et fit un signe. Aussitôt surgit, accompagné d’un loup, une petite fille âgée d’à peine cinq années. Les cheveux bruns coupés aux épaules, les yeux noisette qui pétillaient
-« Je te présente Ninia, la première de la lignée des «Draughini », je sais que ton heure est proche, et je voudrais que tu la bénisses avant ton grand voyage. »
La vieille femme se leva péniblement et fit signe à Ninia de s’approcher, elle posa ses mains tremblantes sur sa tête et prononça, à voix basse, une bénédiction.
La petite Ninia lui sauta au cou, manquant de la renverser et lui embrassa la joue.
Alcantra pris sa grand-mère dans ses bras et resta un moment ainsi sans bouger.
Ninia revînt voir souvent son arrière-grand-mère jusqu’au jour de son départ vers de meilleurs cieux.
Elle eut bien plus tard une fille à son tour, et ainsi grandit une lignée de guerrières, sans pitié, vivant parmi les loups.
Mais les temps changent, et les guerrières durent s’y adapter.
Bientôt plusieurs d’entre elles s’installèrent dans de petits villages aux abords des forêts, où elles s’unirent aux hommes et donnèrent naissance aux générations futures.
Mais leur racines les ramenaient toujours au cœur des bois, où elles finissaient leur jour avec les loups.
Pourtant, il se distingue toujours un être parmi les autres, elle naquit dans un monde où les hommes dominaient, où sa lignée s’était épuisée à survivre sans ou si peu de dignité.
C ‘est dans le sang qu’elle fit renaître l’honneur des « Draughini », et s’en fut vers d’autre terre, bien loin de la forêt natale de Ninia la première.
" Peut-être qu'un jour je vous raconterais l'histoire de cette jeune fille mais pour l'heure, le temps est venu de rejoindre Morphée et dans ses bras se laissait aller"